La boîte en origami — la fameuse masu japonaise — c’est le pliage que je dégaine dès que je dois offrir un petit bijou ou ranger la montagne de trombones de mon atelier. Quelques plis bien marqués, pas une goutte de colle, et vous tenez une jolie boîte carrée… avec son couvercle. Je vous montre tout, schémas à l’appui.
La masu, la petite boîte qui range (et emballe) tout
La masu, à l’origine, c’est une boîte carrée qui servait à mesurer le riz au Japon. Sa version pliée a gardé la même silhouette toute simple : un carré, quatre murs bien droits, un fond plat. Je l’adore parce qu’elle est rapide, qu’elle ne demande qu’une feuille, et qu’elle est d’une politesse folle pour présenter des dragées, des chocolats, une bague, ou pour trier des petites fournitures dans un tiroir.
Ma toute première masu était de travers, je l’avoue : j’avais bâclé les plis. C’est le secret de ce modèle — des plis nets, et tout tombe juste. Si les diagrammes d’origami vous intimident encore, mon article sur les plis et bases de l’origami vous remettra les idées en place avant de commencer.
Le matériel (il en faut très peu)
- Un carré de papier. Pour débuter, partez sur du 15 × 15 cm : vous obtiendrez une boîte d’environ 5,5 cm de côté sur 3 cm de haut. Deux carrés si vous voulez aussi le couvercle.
- Un papier qui tient le pli : du papier origami (kami), du washi, ou un beau papier autour de 70 à 90 g/m². J’explique tout dans mon guide du papier à origami, et côté poids, mon article sur le grammage vous évitera les coins qui bâillent.
- Un plioir (bone folder), ou à défaut le dos d’un ongle et une règle, pour écraser les plis.
- Petit bonus : un papier double face. Sur la masu, le rebord se retourne et laisse voir l’envers — avec deux motifs, l’effet est très joli.
Voici les papiers et l’outil que j’utilise le plus pour ces boîtes (mes préférés sont aussi dans ma boutique origami & pliage) :
Le matériel que j'utilise pour une boîte nette
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La boîte en origami, pas à pas
Tout part d’un carré bien net — si vous n’avez que du A4 sous la main, filez voir comment obtenir un carré parfait depuis une feuille A4, ça prend dix secondes. Ensuite, on y va doucement, pli après pli.
- Posez le carré côté coloré contre la table (le blanc vers vous). Pliez-le en deux, rouvrez, puis en deux dans l’autre sens : vous avez marqué une croix au centre. C’est votre seul point de visée.
- Rabattez les quatre coins, un par un, exactement sur ce centre. Vous tenez maintenant un carré deux fois plus petit : c’est la « base enveloppe ».
- Tournez le modèle d’un quart de tour. Pliez le bord du haut sur la ligne du milieu, marquez bien, puis dépliez ; faites de même avec le bord du bas.
- Rouvrez complètement ces deux rabats du haut et du bas (les deux triangles latéraux, eux, restent en place).
- Repliez le bord gauche sur le centre, dépliez, puis le bord droit. Ces repères-là donnent la hauteur des murs.
- Relevez le côté gauche et le côté droit à la verticale, bien à 90°, en pinçant les coins pour qu’ils se forment nets.
- Rabattez le grand pan du haut vers l’intérieur de la boîte, par-dessus les murs, et écrasez le fond du bout de l’ongle.
- Même chose avec le pan du bas. Et voilà : votre masu tient toute seule, sans colle.
Le couvercle qui se pose pile dessus
Le couvercle, c’est la même boîte… à un cheveu près. Repartez d’un carré identique et refaites exactement les mêmes plis, avec une seule différence : à l’étape 2, arrêtez les quatre coins 2 à 3 mm avant le centre, sans les faire tout à fait se toucher. Ce minuscule jeu suffit à rendre la seconde boîte un rien plus large : elle viendra coiffer la base sans forcer. Si le couvercle serre encore un peu, reprenez-le en laissant 1 mm de plus. Rien à calculer, tout se règle à l’œil.
Mes astuces pour une boîte vraiment nette
- Le plioir change tout. Un pli écrasé au plioir tient mieux qu’un pli du doigt, et une masu dont les plis sont francs ne s’ouvre pas toute seule.
- Jouez sur la taille. Plus la feuille est grande, plus la boîte est grande — avec des carrés de tailles différentes, on fait de jolies boîtes gigognes.
- Attention au grammage. Trop épais, les coins refusent de rester plaqués ; trop fin, la boîte est molle. Le papier origami classique est pile dans la bonne fourchette.
- Le double face, c’est le détail qui fait pro : le rebord retourné dévoile le second motif, et la boîte a l’air travaillée sans effort.
Pour aller plus loin
Une fois la masu dans les doigts, vous ne vous arrêterez plus. On peut l’agrandir, la rétrécir, en faire un vide-poche, un berceau à dragées pour une table de fête, ou un petit écrin cadeau. Et si l’envie de pliage vous prend vraiment, lancez-vous dans les boîtes modulaires, assemblées à partir de plusieurs feuilles, comme cette superbe boîte hexagonale à couvercle étoilé :

Un mot d’honnêteté, parce que ça compte : les schémas de ce pas à pas, je les ai dessinés pour vous, d’après ma façon de plier la masu à l’atelier. La jolie boîte hexagonale ci-dessus, en revanche, n’est pas de moi — elle vient de Wikimedia Commons (merci à Maggie pour la photo). Et si vous aimez voir d’autres mains à l’œuvre, allez flâner chez Du bocal à l’assiette, qui raconte très bien la masu, ou du côté des tutos de boîtes en vidéo.
Si vous préférez voir le geste en mouvement avant de vous lancer, cette vidéo de la chaîne Paper Kawaii déroule la boîte et son couvercle, pli après pli :