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Vous avez acheté un joli carnet pointé tout neuf… et là, panique : la double page blanche vous regarde. Je suis passée exactement par là. Quand j’ai ouvert mon premier bullet journal, j’ai passé une heure à ne rien oser écrire, de peur de « le rater ». Depuis, j’ai rempli plusieurs carnets, et j’ai fini par comprendre une chose : un bujo utile, ce n’est pas un bujo joli, c’est un bujo rempli de pages qui vous servent vraiment. Voici mes idées de pages préférées — la structure de base, les trackers qui m’ont aidée à tenir, et une bonne trentaine de collections à piocher selon votre vie.

D’abord la colonne vertébrale : 4 pages qui tiennent tout le reste

Avant les jolis trackers fleuris, il y a l’ossature. Ce sont quatre pages toutes simples, directement issues de la méthode originale de Ryder Carroll, et c’est vraiment le socle : installez-les en premier, le reste vient tout seul.

  • La clé (ou légende). La toute première page : vous y notez ce que veulent dire vos symboles (un point pour une tâche, un rond pour un événement, une flèche pour une tâche reportée…). Ça évite de se demander trois semaines plus tard ce que signifiait ce petit carré.
  • L’index. Deux à quatre pages laissées libres au début, numérotées. C’est votre sommaire : dès que vous créez une collection, vous notez son numéro de page ici. C’est ce qui transforme un carnet fouillis en outil où l’on retrouve tout en dix secondes.
  • Le future log. Une vue de l’année (souvent 6 ou 12 mois sur une double page) pour poser les rendez-vous lointains : anniversaires, vacances, rendez-vous médicaux. Tout ce qui tombe « plus tard » atterrit ici en attendant.
  • Le log mensuel. En début de mois : la liste des jours d’un côté, vos tâches et objectifs du mois de l’autre. C’est ma page « prise de recul » préférée.
Les quatre pages de base d’un bullet journalLa cle des symboles, l’index, le future log annuel et le log mensuel : les quatre pages qui structurent le carnet.Les 4 briques de base d’un bullet journalA installer en premier : elles structurent tout le reste du carnet.1La cle2L’index3Le future log4Le mensuel.tache a faireoevenementnotextache faite>reporteeTrackersp.4Voyage 2026p.12Lecturesp.20Budgetp.26Recettesp.31JanFevMarAvrMaiJuin1 L2 M3 M4 J5 V6 S7 DSchema Tout en Papier — l’ossature de la methode Bullet Journal.
Schéma : Tout en Papier — la clé, l’index, le future log et le mensuel.

À ces quatre-là s’ajoute le log hebdomadaire ou journalier, selon que vous préférez voir la semaine d’un bloc ou avancer jour par jour. Testez les deux : on ne sait jamais lequel nous convient avant d’avoir essayé. Et si vous hésitez encore sur le carnet lui-même (grammage, papier pointé, marques), j’ai détaillé tout ça dans mon comparatif pour choisir un carnet de bullet journal.

Future log annuel d'un bullet journal en mise en scene automnale
Source : My Sweet Cactus

Les trackers : là où le bullet journal a vraiment changé ma vie

Un tracker, c’est une page où l’on coche, colorie ou remplit une case chaque jour pour suivre une habitude ou un ressenti. C’est ce qui m’a fait passer du « joli carnet » au « carnet qui m’aide vraiment ». Mon conseil de débutante, appris à mes dépens : ne suivez pas quinze choses dès le premier mois. J’avais fait ça, j’ai tout lâché en deux semaines. Trois habitudes, pas plus, pour commencer.

Le habit tracker (suivi d’habitudes)

Une ligne par habitude (marcher, lire, boire de l’eau, se coucher tôt…), une colonne par jour du mois. On colorie la case chaque jour tenu, et à la fin du mois on voit d’un coup d’oeil ce qui a marché… et ce qui a décroché, sans culpabilité.

Un habit tracker mensuelUne grille avec une ligne par habitude et une colonne par jour du mois ; on colorie la case chaque jour ou l’habitude est tenue.Le habit tracker (suivi d’habitudes)Une ligne par habitude, une colonne par jour : on colorie chaque jour tenu.151015202531Marche 30 minLectureBoire 1,5 LCoucher 22 hPas d’ecranSchema Tout en Papier — 3 habitudes suffisent pour commencer, pas quinze.
Schéma : Tout en Papier — une grille habitudes × jours, à colorier au quotidien.

Le mood tracker (suivi d’humeur)

Mon préféré, et le plus étonnant. On associe une couleur à chaque humeur, puis on colorie une case par jour. Au bout d’un mois, votre humeur devient un petit dégradé — et on repère des choses qu’on n’avait jamais vues (tiens, je suis toujours ronchon le dimanche soir…). Aucune obligation d’être « super » tous les jours, c’est justement là tout l’intérêt.

Un mood tracker mensuelUn code couleur d’humeurs et une case coloree par jour ; a la fin du mois, l’humeur du mois apparait en degrade.Le mood tracker (suivi d’humeur)Un code couleur, une case par jour : votre mois se lit d’un coup d’oeil.SuperBienNeutreFatigueeRonchon123456789101112131415161718192021222324252627282930Schema Tout en Papier — aucune obligation d’etre « super » tous les jours.
Schéma : Tout en Papier — un code couleur d’humeurs, une case par jour.

Dans la même famille, on trouve aussi le suivi de sommeil (heures dormies chaque nuit), le tracker d’eau, le suivi de dépenses, ou encore le suivi de règles, de sport ou de météo. Choisissez ceux qui répondent à une vraie question que vous vous posez sur vous-même : c’est ça qui les rend utiles.

Les collections plaisir (celles qu’on a hâte de remplir)

Une « collection », dans le jargon bujo, c’est simplement une page thématique. C’est ici que votre carnet devient vraiment le vôtre. Voici celles que je garde d’un carnet à l’autre :

  • Ma bibliothèque à colorier : une étagère dessinée dont on colorie un livre à chaque lecture finie. Si le suivi de lectures vous tente, je lui ai consacré un article entier avec un vrai journal de lecture à créer soi-même.
  • Films et séries à voir, wishlist, bucket list (les choses à faire dans sa vie) : les listes-envies, celles qu’on remplit le sourire aux lèvres.
  • Le brain dump : une page fourre-tout où l’on vide tout ce qui traverse la tête. Rien que ça, ça libère la charge mentale.
  • Recettes préférées, idées de repas, carnet de voyage, playlists, citations qui font du bien
  • Une page gratitude : trois petites choses positives par jour ou par semaine. C’est tout bête et ça change le regard ; j’en ai fait un rituel à part entière dans cet article.

Et si vous aimez coller, déchirer, superposer des papiers plutôt que tout dessiner, jetez un oeil au junk journal : c’est le cousin plus libre et plus bricolé du bullet journal, et les deux se marient très bien.

Mes collections spéciales rentrée & automne

En cette saison, j’ajoute toujours quelques pages qui collent au moment : un meal planner de la semaine pour ne plus sécher devant le frigo, un budget de rentrée (fournitures, activités, ce petit pull dont on rêve), un suivi des activités et devoirs des enfants, et ma préférée : une page « cocooning d’automne » où je liste les thés à tester, les films doudou et les balades en forêt. Une page qui ne sert à « rien » d’autre qu’à se faire du bien : c’est permis aussi.

Le matériel : ce qu’il faut vraiment (et ce dont on peut se passer)

Bonne nouvelle : pour débuter, il ne faut presque rien. Un carnet pointé avec un papier assez épais (autour de 100 à 120 g/m² pour éviter que l’encre ne transperce) et un seul stylo fin. Vraiment, un seul. On rajoute les feutres et les washi tapes après, quand on a trouvé son style — pas l’inverse. Voici le trio que j’utilise au quotidien :

Certains liens de cet article sont affiliés : si vous passez par eux pour acheter, je touche une petite commission, sans surcoût pour vous. Ça m’aide à faire vivre le blog, merci ! Pour les fins feutres de couleur, une valeur sûre reste une pochette de feutres fineliner à pointe fine ; et si vous voulez comparer tranquillement les carnets, tout est regroupé dans le rayon Journaling & carnets de la boutique.

Mon vrai secret pour tenir un bullet journal (et ne pas l’abandonner en février)

Ce qui fait qu’on continue, ce n’est jamais le talent en dessin. C’est d’accepter l’imperfection. Mes plus belles pages Pinterest, je ne les ai jamais reproduites ; mes pages qui gondolent un peu, elles, je les remplis depuis des années. Commencez minimaliste, gardez une ou deux pages plaisir pour l’envie, et surtout : quand une page ne vous sert plus, tournez-la sans remords. Un bullet journal, ça se rate, ça se recommence, et c’est exactement comme ça qu’il finit par vous ressembler.

Pour aller plus loin

Si vous voulez encore plus d’idées, deux adresses que j’aime bien : le blog Journaling.fr et sa liste de plus de 100 idées de pages, et My Sweet Cactus, chez qui j’ai emprunté la jolie photo du future log en mise en scène automnale (la photo colorée du début vient, elle, de Rari Création). Les schémas de cet article, en revanche, je les ai dessinés pour vous : ils sont « maison ». Et pour voir des pages en vrai, cette vidéo française regorge d’idées concrètes :

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