Je vais vous faire un aveu : pendant longtemps, j’étais incapable de vous dire ce que j’avais lu l’année précédente. Je dévorais des romans, je les refermais, et six mois plus tard il ne me restait qu’une vague impression. Le jour où j’ai ouvert un carnet de lecture, tout a changé : non seulement je me souviens de mes livres, mais je lis mieux, parce que je sais que je vais écrire dessus. Voici, concrètement, comment commencer le vôtre — et comment tenir dans la durée, parce que c’est là que tout se joue.
Un carnet de lecture, c’est quoi exactement ?
C’est tout simplement un carnet où vous gardez la trace de vos lectures : ce que vous avez lu, ce que vous avez aimé (ou pas), ce que vous voulez lire ensuite. Rien à voir avec la fiche de lecture scolaire : ici, personne ne vous note. C’est votre mémoire de lectrice ou de lecteur, et vous décidez de tout.
On le confond souvent avec le bullet journal, et c’est vrai que les deux se ressemblent. La différence : le carnet de lecture est entièrement tourné vers les livres. Vous pouvez très bien lui consacrer quelques pages dans votre bullet journal existant, ou lui offrir un carnet à part. Si vous débutez complètement dans l’univers des carnets, jetez un œil à mes 20 idées de pages pour bullet journal : beaucoup se transposent directement à la lecture.
De quoi avez-vous besoin pour commencer ?
Honnêtement ? Presque rien. N’importe quel carnet et un stylo qui ne bave pas suffisent pour démarrer dès ce soir. Ne tombez pas dans le piège d’attendre le « carnet parfait » pour vous lancer : mon premier était un cahier d’écolier, et il reste l’un de mes préférés.

Cela dit, si vous voulez un carnet qui tienne des années, voici ce que je regarde : un papier d’au moins 100 g/m² (pour que vos stylos ne traversent pas), un format A5 facile à glisser dans un sac, et des pages pointillées plutôt que lignées — les points guident sans s’imposer, parfaits pour tracer un petit tableau ou coller une couverture. Je détaille tous ces critères dans mon comparatif des carnets pour bullet journal, qui vaut tout autant pour un carnet de lecture.
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Le matériel que j’utilise pour mon carnet de lecture
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Je vous conseille de ne pas tout préparer d’un coup. Commencez par deux pages en vis-à-vis : à gauche, le suivi de vos lectures de l’année ; à droite, votre pile à lire (la fameuse « PAL »). Voilà à quoi ça ressemble chez moi.
Le suivi de vos lectures
Une ligne par livre : le titre, une note (j’utilise des étoiles, de une à cinq), et la date où je l’ai terminé. C’est tout. En fin d’année, cette simple liste devient un petit trésor : on voit d’un coup d’œil ses coups de cœur et le chemin parcouru. Les étoiles, je les trace à la main dans la marge : inutile de savoir dessiner pour que ce soit lisible et joli.
La pile à lire (PAL)
C’est la page que je consulte le plus. Dès qu’un livre me fait de l’œil — une reco d’amie, une couverture repérée en librairie — je l’ajoute, avec une petite case à cocher. Le plaisir de cocher quand on l’a enfin lu est très sous-estimé !

La fiche de lecture : que noter après chaque livre
Pour les livres qui comptent, je vais plus loin qu’une simple ligne : je leur consacre une page entière, une fois la dernière page tournée. Pas besoin d’écrire une dissertation ; trois zones suffisent, et elles tiennent sur une seule page.
L’en-tête rassemble l’essentiel (titre, auteur, éditeur, dates, note), puis trois cases : un résumé en trois lignes à chaud, mon passage préféré recopié tel quel, et ce que j’en retiens. C’est cette dernière case qui a le plus de valeur avec le temps : relire son avis de l’époque, c’est parfois aussi savoureux que le livre.
10 idées de pages qui donnent envie de le remplir
Une fois les bases posées, c’est là que le carnet devient vraiment le vôtre. Piochez une ou deux idées, pas dix d’un coup :
- Le bingo de lecture : une grille de défis (un livre d’un auteur étranger, un pavé de plus de 500 pages, une relecture…).
- Vos citations préférées : une page où vous recopiez les phrases qui vous ont arrêtée.
- Le tracker visuel : une pile de livres à colorier, un tome à chaque lecture finie.
- Le bilan mensuel : trois lignes en fin de mois sur vos lectures.
- La wishlist : les livres à offrir ou à vous faire offrir.
- Les livres prêtés et empruntés : pour enfin les récupérer !
- Vos coups de cœur de l’année : le podium, mis à jour au fil des mois.
- Les livres abandonnés : oui, on a le droit, et c’est instructif de noter pourquoi.
- L’abécédaire d’un livre : dix mots qui résument une œuvre forte.
- Les adaptations à voir : films et séries tirés de vos lectures.
Si l’idée de décorer ces pages vous tente mais vous intimide, sachez que le côté un peu « brouillon assumé » du junk journal se marie très bien avec un carnet de lecture : tickets, marque-pages, morceaux de jaquettes… tout se colle.
Mon secret pour vraiment le tenir dans la durée
C’est le nerf de la guerre. J’ai abandonné mes premiers carnets parce que je m’étais mis la barre trop haut : une page magnifique et illustrée après chaque livre. Résultat, dès que je prenais du retard, je culpabilisais et je lâchais tout. Ce qui a marché pour moi : séparer le rapide du soigné. La ligne dans le tableau de suivi, je la remplis toujours, ça prend dix secondes. La belle fiche illustrée, je ne la fais que pour les livres qui m’ont vraiment marquée. Un carnet de lecture doit rester un plaisir, jamais une corvée — exactement comme pour un journal de gratitude, où la régularité compte bien plus que la perfection.
Deux autres petites astuces : gardez le carnet à côté de votre lit, là où vous lisez, sinon il finit oublié dans un tiroir ; et glissez-y un joli marque-page qui vous donnera envie de l’ouvrir. Pour trouver d’autres carnets et accessoires, ma sélection est rangée dans la catégorie Journaling & carnets de la boutique, et quelques stickers sur le thème de la lecture suffisent à habiller vos pages sans savoir dessiner.
Pour aller plus loin
Si vous cherchez à démarrer un carnet de lecture avec des enfants, la fiche très complète de Pass Education regorge d’idées de rubriques adaptées aux plus jeunes. Et pour voir des carnets en vrai, feuilletés page par page, rien ne vaut une vidéo : j’ai choisi celle-ci, pleine de bonnes idées de mise en page.
Petite transparence : les photos de cet article viennent de la banque d’images libre Wikimedia Commons (merci à leurs auteurs, crédités sous chaque image). Les schémas, eux, je les ai dessinés pour vous.