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Je vais être honnête avec vous : mon tout premier bullet journal, je l’ai commencé dans un cahier à petits carreaux trouvé au fond d’un tiroir. Au bout d’une semaine, l’encre de mon feutre traversait la page, mes tracés ondulaient sur le quadrillage… et j’ai failli tout laisser tomber. Ce qui a vraiment tout changé pour moi, ce n’est pas une nouvelle méthode : c’est le carnet. Depuis, dans mon atelier, j’en ai testé une bonne dizaine. Voici, sans langue de bois, comment je choisis un carnet pour bullet journal en 2026.

Pourquoi le carnet compte plus qu’on ne le croit

On a tendance à croire que le bullet journal, c’est surtout une question de créativité et d’organisation. C’est vrai… mais un mauvais carnet vous coupe l’envie avant même de commencer. Un papier trop fin, une reliure qui refuse de s’ouvrir à plat, des pages qui se détachent : autant de petites frustrations qui, mises bout à bout, finissent au placard. À l’inverse, un carnet agréable vous donne envie de l’ouvrir chaque matin. Si vous débutez tout juste, je vous conseille d’ailleurs de lire d’abord mon guide du bullet journal pour débutants : on y voit la méthode, ici on parle matériel.

Les 5 critères qui font (vraiment) la différence

Avant de vous donner mon comparatif, voici les points que je regarde systématiquement en magasin ou avant de cliquer sur « acheter ». Ce sont eux qui séparent le carnet qu’on garde du carnet qu’on regrette.

Double page pointillée montrant l’espacement des points de 5 mm, les pages numérotées, un signet ruban et une reliure qui s’ouvre à plat.Anatomie d’un bon carnet pointilléCe que je regarde toujours avant d’acheter42Points espacésde 5 mmSignet(ruban)PagesnumérotéesUne reliure qui s’ouvre à plat : on écrit jusque dans la margeSchéma : Tout en Papier
Schéma : Tout en Papier — les repères d’un carnet bien pensé.

1. Le papier pointillé (dot grid)

C’est la signature du bullet journal. Les points, généralement espacés de 5 mm, sont assez discrets pour ne pas se voir sur la page finie, mais assez présents pour aligner vos titres, tracer un tableau ou dessiner une grille sans que tout parte de travers. Fuyez le quadrillage classique (trop scolaire, trop visible) et les pages blanches si vous n’êtes pas sûr de vous à main levée. Le pointillé, c’est le juste milieu : il guide sans emprisonner.

Plusieurs carnets pointillés ouverts côte à côte pour comparer le dot grid
Source : Journaling.fr

2. Le grammage : 80, 100 ou 120 g/m² ?

Le grammage, c’est le poids du papier au mètre carré : plus le chiffre est élevé, plus la feuille est épaisse et moins l’encre risque de transparaître au dos (ce qu’on appelle le ghosting). Un 80 g/m² reste correct pour du stylo bille ou un fin fineliner, mais dès que vous sortez les feutres à alcool ou l’aquarelle, ça traverse. Le confort commence à mon avis autour de 100 g/m², et le vrai luxe, c’est le 120 g/m² et au-delà.

Comparaison de trois grammages de papier (80, 100 et plus de 120 g/m2) et de la quantité d’encre qui transparaît au dos de la page.Le grammage, en clairPlus le papier est épais, moins l’encre traverse (le fameux ghosting)180 g/m²RectoVersoTransparencevisible au dos2100 g/m²RectoVersoLéger ghostingsouvent OK3120 g/m² et +RectoVersoQuasi invisibleidéal feutresSchéma : Tout en Papier
Schéma : Tout en Papier — à quoi sert vraiment le grammage.

Voici ce que ça donne concrètement quand on teste un lavis d’aquarelle sur un papier bien épais : la couleur reste franche, le papier gondole à peine, et surtout rien ne bave sur la page d’en face.

Test d'aquarelle sur un carnet pointillé au papier épais
Source : Happiness Maker

3. Le format : A5, B5 ou A4 ?

Le A5 (14,8 × 21 cm) est le format roi : assez grand pour respirer, assez compact pour tenir dans un sac. Le B5 (un peu plus grand) est parfait si vous aimez les mises en page aérées ou les tableaux larges. Le A4, lui, s’adresse plutôt à celles et ceux qui dessinent beaucoup ou qui font du planning très détaillé. Mon conseil : commencez en A5, c’est le format le plus polyvalent.

4. La reliure et la couverture

Une couverture rigide protège vos pages et vous permet d’écrire debout, dans le train, sur les genoux. Côté reliure, ce que je regarde en priorité, c’est la capacité à s’ouvrir bien à plat : sinon, impossible d’écrire proprement près de la marge centrale. Les carnets cousus (et non simplement collés) tiennent aussi beaucoup mieux dans le temps.

5. Les petits plus qui changent le quotidien

Ce sont les détails qui font qu’on s’attache à un carnet : un ou deux signets (rubans) pour retrouver la page du jour, des pages numérotées d’origine (indispensables pour l’index du bullet journal), une pochette au dos pour glisser stickers et washi tape, un élastique de fermeture. Rien d’obligatoire, mais franchement, une fois qu’on y a goûté…

Mon comparatif 2026 : 6 carnets pointillés passés au crible

J’ai réuni ici les carnets que je vois le plus revenir (et que j’ai pour la plupart eus entre les mains). Les prix sont donnés à titre indicatif : ils bougent souvent, vérifiez toujours au moment de l’achat.

Carnet Papier Format Points forts Prix indicatif
Leuchtturm1917 80 g/m² A5 La référence, pages numérotées, 2 signets, pochette €€€
Scribbles That Matter 120 g/m² A5 Papier très épais, quasi zéro ghosting, règle fournie €€
Lemome Épais A5 Excellent rapport qualité-prix, papier qui tient l’aquarelle
Scribble & Dot 160 g/m² A5+ Papier ultra épais, pages numérotées, couverture rigide €€
ZenArt 100 g/m² B5 Grand format aéré, papier ivoire doux, couverture cuir PU €€
Carnet A5 pointillé 120 g 120 g/m² A5 Petit prix, 172 pages, parfait pour tester
Pile de carnets pointillés de couleurs pastel avec un stylo
Source : Manayin

Mes recommandations selon votre profil

Un tableau, c’est bien, mais vous attendez sûrement que je tranche. Voici, très concrètement, ce que je conseillerais selon qui vous êtes.

La valeur sûre : Leuchtturm1917

C’est le carnet plébiscité par Ryder Carroll, l’inventeur de la méthode, et on comprend pourquoi : finitions impeccables, pages numérotées, deux signets, pochette au dos. Son seul vrai défaut ? Un papier de 80 g/m² qui reste correct mais laisse passer un léger ghosting avec les feutres gorgés d’encre. Si vous écrivez surtout au stylo et que vous voulez un objet qui dure : foncez.

Le meilleur papier : Scribbles That Matter

Mon préféré dès qu’on aime dessiner, faire du lettrage ou un peu d’aquarelle : son papier de 120 g/m² encaisse presque tout sans traverser. Il est livré avec une règle et une pochette, et ses pages sont numérotées. C’est celui que je recommande à celles qui veulent « un beau carnet artistique » sans se ruiner.

Certains liens de cet article sont affiliés : si vous passez par eux pour acheter, je touche une petite commission, sans surcoût pour vous. Cela m’aide à faire vivre le blog.

Pour vous faire une idée en vidéo de ce que donne le papier épais d’un Scribbles That Matter (feutres, marqueurs, tenue de l’encre), j’aime bien cette présentation en français :

Le rapport qualité-prix : Lemome (et les alternatives malines)

Si vous débutez et que vous n’avez pas envie de mettre le prix d’un Leuchtturm tout de suite, le Lemome est un excellent point d’entrée : papier épais qui tient bien l’aquarelle, couverture rigide, porte-stylo intégré. Dans la même veine, un carnet B5 comme le ZenArt vous offrira plus de place, et un simple A5 pointillé à petit prix est parfait pour tester la méthode sans pression avant d’investir.

Et le matériel autour ?

Le carnet, c’est la base, mais vos stylos comptent presque autant : un feutre trop juteux transpercera même un bon papier. Je détaille tout ça dans mon guide des meilleurs stylos et marqueurs pour le lettrage. Pour débuter sans vous ruiner, un lot de fineliners fins fait parfaitement l’affaire. Et si l’envie vous prend d’agrémenter vos pages, allez jeter un œil aux jolis carnets et papiers de la boutique Journaling & carnets.

Et si vous fabriquiez votre propre carnet ?

Petite parenthèse pour les âmes bricoleuses : rien ne vous oblige à acheter. On peut tout à fait coudre son propre carnet, choisir soi-même son papier et sa couverture. C’est même un vrai plaisir : je vous montre comment dans mon tuto de reliure japonaise pour fabriquer un carnet sans colle. Le pointillé du commerce reste plus pratique pour un bullet journal du quotidien, mais pour un carnet d’exception, l’atelier maison a son charme. Et une fois votre carnet choisi, vous pouvez aussi vous lancer dans un journal de gratitude pour prendre l’habitude d’écrire chaque jour.

Pour aller plus loin

Je ne suis évidemment pas la seule à m’être penchée sur la question ! Pour d’autres avis et beaucoup de photos, je vous invite à faire un tour chez Journaling.fr, qui compare une belle brochette de carnets pointillés, et chez Happiness Maker, chez qui j’ai emprunté la photo du test d’aquarelle. La belle pile de carnets pastel vient du blog Manayin, et la double page fleurie de couverture de Wondermômes. Les schémas de cet article, eux, je les ai dessinés pour vous : ils sont maison.

Alors, vous avez repéré le vôtre ? Le meilleur carnet, au fond, c’est celui que vous aurez envie d’ouvrir demain matin. Belles pages à vous !

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