Le kirigami, c’est l’origami qui s’autorise les ciseaux : on plie, on découpe, on déplie… et il y a toujours ce petit moment de magie quand la feuille s’ouvre. Je vous montre le matériel, les trois gestes de base et trois projets vraiment faciles pour vous lancer aujourd’hui, même si vous n’avez jamais tenu un cutter.
Je me souviens encore de mes tout premiers flocons de neige découpés à la table de la cuisine, gamine, avec des ciseaux à bouts ronds. J’ignorais alors que ça portait un nom : le kirigami. Depuis, dans mon atelier, c’est devenu l’une de mes techniques préférées pour occuper un après-midi de pluie ou décorer une fenêtre en deux temps trois mouvements. Si l’origami pur vous intimide un peu, le kirigami est une porte d’entrée parfaite : on plie beaucoup moins, et le résultat est presque toujours bluffant.
Le kirigami, qu’est-ce que c’est exactement ?
Le mot vient du japonais kiru (couper) et kami (papier). Concrètement : on plie une feuille, on découpe dedans, puis on déplie pour révéler un motif symétrique. C’est la grande différence avec l’origami classique, où l’on plie sans jamais couper. Et il ne faut pas confondre non plus avec le papercut (le découpage d’un dessin dans une feuille à plat, sans pliage) : en kirigami, c’est le pli qui crée la symétrie et fait tout le sel de la technique.
On distingue en gros deux familles : le kirigami « à plat » (flocons, guirlandes, fleurs, napperons) et le kirigami « en relief », où l’on découpe et replie pour faire jaillir un motif en trois dimensions, comme dans les cartes qui se déploient à l’ouverture. On commence par le plus simple, forcément.
Le matériel pour débuter (rien de compliqué)
Bonne nouvelle : vous avez sans doute déjà l’essentiel chez vous. Voici ce que je garde à portée de main sur mon plan de travail :
- Du papier : pour débuter, du papier machine 80 g suffit pour les flocons et guirlandes. Pour des créations qui tiennent mieux (fleurs, cartes), je passe à du papier un peu plus épais, autour de 120 à 160 g. Je vous en dis plus dans mon guide sur le papier, les formats et le grammage.
- Des ciseaux fins à bouts pointus, qui vont dans les petits angles — c’est l’outil roi du kirigami.
- Un cutter de précision (type scalpel) pour les découpes intérieures et les courbes serrées, une fois que vous serez à l’aise.
- Un tapis de découpe auto-cicatrisant pour protéger la table et guider la lame (indispensable dès qu’on sort le cutter).
- Un plioir (ou l’ongle du pouce, au début) pour marquer des plis nets, un crayon à papier pour tracer, et une règle.
Le plioir et un beau papier cartonné, c’est vraiment le duo qui change tout quand on veut passer aux fleurs et aux cartes. Voici les deux que j’utilise le plus :
Le matériel que j'utilise
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Voir sur AmazonPour le cutter et le tapis (que je n’ai pas en boutique), un petit tour côté cutter de précision et tapis de découpe auto-cicatrisant fera l’affaire. Et si vous voulez tout voir d’un coup, mes papiers et outils sont regroupés dans la boutique, rayon matériel et techniques du papier.
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Les trois gestes de base
Tout le kirigami tient dans trois gestes, et une fois qu’ils sont acquis, vous pouvez inventer vos propres motifs :
- Plier proprement. Un pli net = un motif net. Passez bien l’ongle ou le plioir sur chaque pliure. Pour les motifs en étoile, on plie souvent en deux, puis en trois, comme une part de tarte.
- Tracer au crayon sur le dessus du pliage, léger, avant de couper. Au début, dessiner son motif évite bien des ratés ; avec l’habitude, on découpe « à l’instinct ».
- Découper. Pour un arrondi propre au cutter, mon astuce : ce n’est pas la lame qui suit le trait, c’est le papier que l’on fait tourner pendant que la lame reste bien droite. Ça change tout.
Projet 1 : la farandole (guirlande de bonshommes)
C’est LE projet qui fait toujours son effet auprès des enfants, et le plus facile pour comprendre la magie du pliage.
- Prenez une bande de papier assez longue (une feuille A4 coupée en deux dans la longueur, par exemple).
- Pliez-la en accordéon, en plis réguliers de la largeur d’un bonhomme (5 à 6 cm, c’est bien).
- Sur le pli du dessus, dessinez une moitié de personnage : la main et le pied doivent toucher le bord plié — c’est ce qui va relier les bonshommes entre eux. Ne coupez jamais tout le long du bord replié !
- Découpez en gardant ces zones de liaison, dépliez… et voilà votre ribambelle qui se tient par la main.
Le même principe marche avec des sapins, des cœurs, des étoiles ou des lapins : il suffit de changer la silhouette. Cette petite vidéo montre très bien le geste, pour les farandoles comme pour les flocons :
Projet 2 : le flocon de neige
Le grand classique, celui par lequel presque tout le monde commence. Le secret d’un joli flocon, ce sont ses six branches : on ne plie pas en quatre (ça donne un flocon « carré » qui n’existe pas dans la nature), mais en six.
- Partez d’un carré de papier fin, pliez-le en deux en triangle.
- Repliez ce triangle en trois parts égales, l’une par-dessus l’autre (comme on plierait une lettre en éventail). Vous obtenez un cône pointu.
- Coupez la pointe bien droite en haut pour égaliser, puis grignotez des encoches sur les deux bords : plus vous enlevez de matière, plus le flocon sera dentelle.
- Dépliez délicatement et aplatissez sous un gros livre. Aucun flocon ne ressemble au précédent, et c’est ça qui est addictif.
Projet 3 : la fleur en kirigami
Un cran au-dessus, mais tellement gratifiant. On plie le carré de papier en éventail à partir du centre, on arrondit le haut aux ciseaux, puis on découpe des fentes pour dessiner les pétales.
- Pliez le carré en deux, en quatre, puis encore en diagonale, jusqu’à obtenir un triangle fin.
- Arrondissez le sommet du triangle : ce sera le contour extérieur des pétales.
- Entaillez le bord replié par petits coups pour creuser le cœur et détacher les pétales, sans aller jusqu’au centre.
- Dépliez tout doucement : une jolie fleur symétrique apparaît, prête à décorer une carte ou un tableau.
Pour d’autres modèles de fleurs pas à pas, le blog La cour des petits propose un tuto tout doux, parfait à faire avec les enfants.
Mes erreurs de débutante (pour vous les épargner)
- Un papier trop épais au départ : à plus de deux ou trois épaisseurs, les ciseaux forcent et le motif bave. Commencez fin.
- Des plis mous : si le pliage n’est pas marqué, la symétrie part de travers. Prenez trois secondes pour bien écraser chaque pli.
- Vouloir tout couper d’un coup : mieux vaut retirer un peu de matière, déplier pour voir, et affiner. On peut toujours enlever, jamais rajouter.
Pour aller plus loin : le kirigami en relief
Une fois les bases acquises, le vrai terrain de jeu commence : le kirigami en relief, où le motif se déploie en volume quand on ouvre la feuille. C’est le principe de mes cartes pop-up, mais aussi de décorations murales spectaculaires comme celle-ci.
Et si vous aimez découper et enrouler le papier, jetez un œil au quilling, une autre technique qui se marie très bien avec le kirigami pour habiller une carte. Pour encore plus d’idées de projets faciles, le blog Arts et Créations recense de jolis modèles à tester.
Envie de voir tous ces gestes en mouvement avant de vous lancer ? Cette démonstration de découpe pour débutant est un excellent point de départ :