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Le quilling — ou paperolles — c’est l’art de rouler de fines bandes de papier pour composer fleurs, cartes et petits tableaux. Je me suis lancée avec trois bandelettes et un cure-dent, et je vous explique ici, pas à pas, comment débuter sans vous décourager : le matériel vraiment utile, les formes de base et un premier projet tout simple.

La première fois que j’ai vu une carte en quilling, j’ai cru que c’était de la dentelle. Puis j’ai compris que tout partait d’une chose ridiculement simple : une bande de papier enroulée sur elle-même. Depuis, c’est devenu l’une de mes techniques préférées dans l’atelier, parce qu’elle ne demande presque rien et qu’elle occupe les mains pendant des heures. Si vous débutez, laissez-moi vous montrer par où commencer.

Le quilling, c’est quoi au juste ?

Le quilling (on dit aussi paperolles en français) consiste à enrouler, pincer et coller de fines bandes de papier pour former des motifs en relief : des fleurs, des lettres, des animaux, des cartes ou de vrais petits tableaux. La technique est ancienne : dès le XVe siècle, des religieuses françaises et italiennes roulaient des chutes de papier doré pour imiter les filigranes d’orfèvrerie et décorer des reliquaires. Elle est tombée en désuétude puis revenue en force au XXe siècle — et aujourd’hui, avec quelques bandes de papier, tout le monde peut s’y mettre.

Ce que j’aime le plus vous dire quand vous hésitez : le quilling demande plus de patience que de dextérité. Vos premiers rouleaux seront un peu bancals, les miens l’étaient aussi. Au bout d’une soirée, la main prend le pli.

Le matériel pour débuter (sans se ruiner)

Bonne nouvelle : on commence avec très peu. Voici ce que je vous conseille de réunir.

  • Un outil à fente (ou « stylet à quilling ») : une petite tige au bout fendu dans laquelle on glisse la bande pour l’enrouler. C’est l’outil idéal pour débuter. Une aiguille à quilling existe aussi, plus précise mais plus délicate — gardez-la pour plus tard. Au tout début, un simple cure-dent ou une pique à brochette dépannent très bien.
  • Des bandelettes de papier : on les trouve prédécoupées en largeurs de 3, 5 ou 7 mm. Pour débuter, la largeur de 5 mm est la plus facile à manipuler. Côté grammage, visez un papier de 120 à 160 g/m² : assez souple pour s’enrouler, assez solide pour ne pas se déchirer. Si vous voulez comprendre pourquoi le grammage change tout quand on travaille le papier, j’en parle aussi dans mon guide sur le choix du papier.
  • De la colle blanche liquide à séchage rapide et transparent, avec un embout fin (ou appliquée du bout d’un cure-dent). La règle d’or : le moins possible.
  • Un gabarit à cercles : une petite plaque percée de trous de différents diamètres. C’est ce qui vous permettra d’obtenir des rouleaux tous de la même taille — indispensable pour des fleurs régulières.
  • Un tapis en liège ou en silicone et quelques épingles fines, pour maintenir les formes le temps que la colle prenne.

Dans le catalogue de la boutique, aucun kit de quilling dédié pour l’instant, mais vous trouverez tout le nécessaire papier et découpe dans la catégorie Matériel & techniques papier. Et si vous préférez un kit clé en main pour vous lancer, un kit quilling débutant regroupe outil, bandelettes et gabarit ; on complète facilement avec des recharges de bandes de papier. Certains liens de cet article sont affiliés : si vous passez par eux pour acheter, je touche une petite commission, sans surcoût pour vous. Ça m’aide à faire vivre le blog.

Former des pétales de fleur à partir d un rouleau de papier en quilling
Source : Archzine.fr

Les formes de base à connaître

Tout le quilling repose sur une poignée de formes. Maîtrisez celles-ci et vous pourrez déjà composer une fleur complète.

  1. Le rouleau serré : glissez le bout de la bande dans la fente de l’outil, enroulez fermement jusqu’au bout, puis collez l’extrémité sans laisser le rouleau se détendre. C’est la brique de départ de presque tout.
  2. Le cercle lâche : enroulez comme précédemment, mais avant de coller, laissez le rouleau se détendre (dans un trou du gabarit, il s’ouvre tout seul de façon régulière). Puis collez l’extrémité. C’est la base de la plupart des autres formes.
  3. La goutte : prenez un cercle lâche et pincez-le d’un seul côté pour former une pointe. Idéale pour les pétales.
  4. L’œil (ou navette) : pincez le cercle lâche des deux côtés opposés. Parfait pour les feuilles et les yeux de personnages.
  5. La feuille : partez d’un œil et incurvez légèrement les deux pointes en sens inverse.
  6. Le triangle : pincez le cercle lâche en trois points.
  7. Le cœur : pliez la bande en deux, enroulez chaque extrémité vers l’intérieur, et vous obtenez deux boucles qui se rejoignent en pointe.

Le geste vous paraît abstrait à l’écrit ? La vidéo ci-dessous montre très clairement comment passer du rouleau aux différentes formes.

Rouleaux de papier en forme de bouclettes pour composer des tulipes en quilling
Source : Mes Petits Bonheurs

Mon premier projet : une petite fleur toute simple

Pour votre baptême du feu, je vous propose une fleur à cinq pétales : c’est le projet qui m’a fait aimer le quilling.

  1. Préparez cinq bandelettes de la même couleur (les pétales) et une bandelette d’une couleur contrastée (le cœur de la fleur).
  2. Roulez cinq cercles lâches identiques grâce au gabarit, collez chaque extrémité.
  3. Pincez chaque cercle d’un côté pour obtenir cinq gouttes : ce seront vos pétales.
  4. Roulez un rouleau serré avec la couleur contrastée : c’est le cœur.
  5. Sur votre tapis, disposez les cinq gouttes en étoile autour du cœur, pointes vers le centre. Ajustez avant de coller.
  6. Déposez une toute petite goutte de colle à chaque point de contact, maintenez quelques secondes avec une épingle, et laissez sécher à plat.

Une fois la fleur sèche, vous pouvez la coller sur une carte, l’encadrer, ou en faire plusieurs pour composer un bouquet. C’est exactement le genre de détail qui sublime une carte faite main.

Mes conseils de débutante (et mes erreurs)

Trois choses que j’aurais aimé qu’on me dise dès le départ :

  • Ne serrez pas trop vos rouleaux. Ma première erreur : des cercles compacts comme des cailloux. Un cercle lâche bien détendu, c’est ce qui donne ces jolis motifs aérés.
  • Économisez la colle. Une pointe de cure-dent suffit. Trop de colle, et le papier gondole, brille et se salit.
  • Travaillez par petites sections et gardez un « nuancier » de vos formes réussies à côté de vous : vous verrez vos progrès et vous garderez la régularité d’un motif à l’autre.

Et si un rouleau rate, ne jetez rien : les imperfections se cachent très bien au milieu d’une composition.

Petit hérisson réalisé en paperolles de quilling, idée déco ludique
Source : Mes Petits Bonheurs

Des idées pour aller plus loin

Une fois les formes de base acquises, le quilling s’invite partout : cartes d’anniversaire, marque-pages, initiales à encadrer, petits animaux tout ronds pour les enfants (le hérisson ci-dessus fait toujours son effet). Si vous aimez travailler le papier en volume et en couleur, vous vous régalerez aussi avec mes fleurs en papier crépon ou, dans un tout autre registre, avec le papier mâché.

Pour trouver des modèles et vous inspirer, je vous recommande chaleureusement deux blogs francophones qui documentent très bien la technique : Mes Petits Bonheurs et ses tutos en papier roulé, ainsi que Créatifs Loisirs, riche en modèles pas à pas pour débutants.

Pour finir, voici une vidéo d’initiation complète qui reprend le matériel et les premiers gestes — parfaite à regarder une bande de papier à la main :

 

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