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Le junk journal, c’est le carnet fait maison le plus libre qui soit : on le fabrique de A à Z avec des papiers de récup, et il n’y a aucune règle. Je vous montre comment vous lancer sans matériel compliqué, de la couverture aux premières pages.

Je me souviens de mon tout premier junk journal : un carton d’emballage récupéré, trois vieilles enveloppes et une peur bleue de « mal faire ». Spoiler : on ne peut pas rater un junk journal, et c’est exactement ce qui m’a fait tomber amoureuse de cette pratique. Depuis, dans mon atelier, j’en ai fabriqué une bonne dizaine — certains magnifiques, d’autres franchement bancals — et je les garde tous. Si vous hésitez à vous lancer, cet article est le petit coup de pouce que j’aurais aimé recevoir à mes débuts.

Un junk journal, c’est quoi exactement ?

Un junk journal (littéralement « journal de bric et de broc ») est un carnet que l’on fabrique soi-même, entièrement, à partir de papiers récupérés : emballages, enveloppes kraft, pages de vieux livres, tickets, sachets de thé, chutes de papier peint… Tout ce qui vous tombe sous la main et que vous trouvez joli finit par avoir sa place. Contrairement à un carnet du commerce, il n’y a pas de pages blanches intimidantes ni de mise en page imposée.

Et surtout — c’est le point qui change tout — il n’y a pas de règles. Un junk journal peut servir de journal intime, de carnet d’inspiration, d’herbier, de carnet de vacances ou juste de terrain de jeu créatif. C’est un cousin plus brut et plus libre du bullet journal : ici, on ne cherche pas la ligne parfaite, on cherche la matière et le plaisir de coller.

Le matériel pour débuter (presque rien d’obligatoire)

La bonne nouvelle, c’est que le junk journal repose sur la récup. Avant d’acheter quoi que ce soit, faites le tour de vos tiroirs : vous avez probablement déjà 80 % du nécessaire. Voici ma petite base :

  • Des papiers de récup : enveloppes kraft, emballages, pages de livres abîmés, sacs en papier, chutes de jolis papiers à motifs.
  • Un carton un peu rigide (boîte d’expédition, dos de bloc-notes) pour la couverture.
  • De la colle : je travaille surtout à la colle vinylique blanche, un peu diluée, qui ne gondole pas trop le papier.
  • Du ruban de papier kraft gommé pour renforcer le dos — mon petit indispensable, voir le lien ruban kraft de reliure.
  • Une paire de ciseaux, un cutter, une règle, et c’est déjà largement suffisant pour commencer.

Pour la décoration, on peut ensuite s’amuser avec des masking tapes (washi) et quelques tampons encreurs façon vintage, mais ce n’est vraiment pas indispensable au départ. Si vous avez déjà un tiroir de scrapbooking, vous êtes parée : la plupart des outils du scrapbooking se recyclent parfaitement ici.

Certains liens de cet article sont affiliés : si vous passez par eux pour acheter, je touche une petite commission, sans surcoût pour vous. Cela m’aide à faire vivre le blog — et je ne recommande que ce que j’utilise vraiment.

Matériel de base pour fabriquer un junk journal : carton, papiers, colle, ciseaux
Source : Envie de Créer

Fabriquer la structure : couverture, livrets et reliure

C’est l’étape qui impressionne le plus les débutantes, alors qu’elle est la plus simple. On procède en trois temps.

1. La couverture

Découpez deux morceaux de carton (le plat avant et le plat arrière) à la taille voulue — pour un premier essai, visez du A5, c’est maniable. Reliez-les en laissant un petit espace pour le dos, puis renforcez ce dos avec une languette de papier kraft gommé. Vous pouvez ensuite habiller l’extérieur avec du papier à motifs ou une couche de peinture acrylique. Si l’idée d’une belle couverture solide vous plaît, jetez un œil à ma méthode pour créer un carnet maison, les principes de pliage et de renfort sont les mêmes.

Renforcer le dos de la couverture du junk journal avec une languette de papier kraft
Source : Envie de Créer

2. Les livrets (ou « signatures »)

Le cœur du junk journal, ce sont les signatures : des petits paquets de 3 à 5 feuilles pliées en deux, emboîtées les unes dans les autres. Mélangez les formats et les matières — une page de dictionnaire, une enveloppe qui formera une pochette, une feuille de papier kraft… C’est ce joyeux désordre qui fait le charme de l’objet. Préparez 3 ou 4 signatures pour un premier carnet.

3. La reliure, sans machine

Pas besoin de matériel spécial : une simple reliure à la ficelle (piqûre sellier ou point long) suffit à assembler vos signatures dans la couverture. Une aiguille, du fil solide, trois trous par signature, et le tour est joué. C’est exactement la logique que j’utilise aussi pour mon carnet de voyage. Cette vidéo explique très bien comment préparer et organiser ses papiers avant de coudre :

Remplir les pages : des idées qui donnent envie

Une fois la structure prête, place au plaisir. Voici ce que je glisse le plus souvent dans mes pages :

  • Des pochettes et enveloppes pour ranger tickets, photos, petits mots.
  • Des collages : découpes de magazines, timbres, étiquettes, morceaux d’emballages qui vous plaisent.
  • Des zones à écrire : citations, listes, humeurs du jour — sans pression de « bien écrire ».
  • Des éléments texturés : dentelle en papier, kirigami, bandes déchirées pour donner du relief.

Mon conseil : choisissez un fil rouge léger (un thème vintage, botanique, souvenirs de l’été…) pour donner une cohérence à l’ensemble sans vous enfermer. Et surtout, laissez des pages « ratées » : ce sont souvent celles qu’on préfère six mois plus tard.

Page de junk journal décorée par une débutante avec tampons et papiers colorés
Source : Withmo

Mes conseils de débutante pour ne pas abandonner

Trois erreurs que j’ai faites, pour vous les épargner. Un : ne visez pas le carnet parfait dès le départ — commencez petit, un mini-journal d’une seule signature se termine en une soirée et donne confiance. Deux : ne collez pas tout à la super glue, la colle vinylique diluée reste votre meilleure amie pour éviter les pages gondolées. Trois : gardez une petite boîte « à trésors » où vous jetez au fil des semaines tickets, papiers et jolies étiquettes ; le jour où vous vous asseyez pour créer, vous avez déjà toute la matière sous la main.

Pour aller plus loin

Si vous voulez d’autres pas-à-pas et beaucoup d’inspiration, j’aime beaucoup les tutoriels de Envie de Créer pour la fabrication de la couverture, et les pages de débutante partagées par Withmo, qui montrent bien qu’on peut faire de très jolies choses sans être une pro. Pour une vue d’ensemble, de la structure aux finitions, cette vidéo « de A à Z » est parfaite pour se lancer :

 

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